Discours des voeux 2024

21 janvier 2024


Madame la Ministre, chère Bérangère,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les représentants des forces de l’ordre et de la sécurité civile,
Mesdames et messieurs les représentants du monde associatif, économique et éducatif
Mesdames et messieurs en vos grades et qualités.

Chers amis,
Je vous remercie pour votre présence.
Je voudrais en premier lieu vous remercier Madame la Ministre pour l’honneur que vous m’avez accordé en me proposant d’être votre député suppléant. Je voulais aussi vous remercier pour votre action dans les différents ministères dont vous avez eu la charge, à l’écologie et à l’égalité femmes hommes et à la lutte contre les discriminations. Vous avez
fait avancer de nombreux dossiers. Vous avez aussi continué d’être présente sur notre territoire et à le servir. Je peux en témoigner en ayant été présent, à vos côtés, lors de la décision prise par le ministre de l’intérieur pour la localisation du CRA à Mérignac où vous avez parfaitement relayé la mobilisation citoyenne pessacaise. Notre circonscription vous
doit beaucoup et je tenais à vous remercier.
Je voudrais également remercier mon équipe parlementaire qui a organisé cette cérémonie ce matin qui va se dérouler en 3 temps : ce discours, le discours de Madame la Ministre et la remise de la médaille de l’assemblée nationale à 6 citoyennes et citoyens engagés de Canéjan, Cestas, Gradignan et Pessac.

L’année 2023 a été une année dense et riche. A l’Assemblée Nationale, plus de 50 textes ont été adoptés, preuve que malgré la majorité relative, nous parvenons souvent à débattre et trouver des compromis pour avancer au service des français. Je ne vais pas nier les débats houleux qui ont également égrené l’année parlementaire et fortement abîmé, à mon sens, l’image des élus et notre démocratie. Je regrette que les postures empêchent le débat que les français méritent et attendent. Nous n’avons pas été à la hauteur de ces rendez-vous.
En ma qualité de membre de la commission des affaires étrangères, je me dois de revenir d’abord sur cette année rythmée par les crises dans un monde qui ne tourne pas rond : poursuite de la guerre en Ukraine, attaque terroriste du Hamas sur Israël, réponse disproportionnée d’Israël.

C’est dans ce contexte d’incertitude qu’en novembre, je me suis rendu aux Nations-Unis dans le cadre d’une délégation parlementaire à l’occasion de la 78ème Assemblée Générale des Nations-Unies, où j’ai pu rencontrer et échanger avec
nos diplomates, des délégations des pays du monde entier, des ONG et instances onusiennes. Également, en tant que vice-président du groupe d’étude à vocation internationale France-Bélarus, j’ai rencontré, à Berlin, la présidente du gouvernement Bélarus en exil, Svetlana Tikhanovskaïa. Au cours de votre engagement Ministériel, Madame la Ministre vous avez mis en avant les femmes qui sont souvent/toujours en première ligne pour les combats comme l’ai Mme Tikhanovskaïa. Avec d’autres parlementaires européens, j’ai pu lui témoigner mon soutien entier, alors que son pays
sombre dans une dictature sous une laisse tenue par la main russe.

En conséquence de mes échanges, je suis en train de préparer, sur le modèle du texte voté par les députés allemands, une résolution appelant à un soutien entier et absolu de la France au gouvernement Bélarus en exil et au retour de l’Etat de droit dans ce pays, condamnant les violences, les arrestations, et les emprisonnements politiques. L’instabilité internationale que nous traversons pose beaucoup de questions. Dans ce monde incertain, une certitude persiste : pour faire front, l’unité européenne doit être préservée autour de son histoire, de sa construction et de ses valeurs. En cette année d’élections européennes, plus que jamais il faut s’employer à faire connaître et défendre tout ce que l’Union Européenne apporte et permet à nos concitoyens. Si elle n’est pas parfaite, le retour à une Europe des Nations comme le veulent les partis des extrêmes serait une tragédie.

Enfin, je tenais à remercier très chaleureusement les initiatives locales menées notamment à Cestas et Pessac pour l’accueil de réfugiés ukrainiens. La France a toujours été une terre d’accueil, c’est au cœur de notre ADN. Nos concitoyens l’ont démontré une fois de plus.



De mobilisation citoyenne, il a aussi été question durant l’année contre le projet de surfpark à Canéjan. Une aberration écologique à laquelle je me suis opposé. On ne peut pas être, à juste titre, exigeants avec les industriels, les agriculteurs et les particuliers dans la préservation de la ressource en eau et permettre ce type d’installations sans étude d’impact. Dans vos fonctions ministérielles, vous avez élaboré le plan eau Mme la Ministre. En juillet, nous avons rencontré ensemble les services de l’Etat en région pour comprendre comment un tel projet avait pu être autorisé. Suite à ces échanges, j’ai décidé de déposer une proposition de résolution pour demander au gouvernement de modifier les procédures environnementales et sanitaires pour qu’à l’avenir de tels projets soient davantage encadrés.

Agir pour la transition écologique, c’est aussi apporter mon soutien aux entreprises de notre circonscription qui proposent des solutions innovantes. Je pense particulièrement à l’entreprise Immunrise Biocontrol France basée à Cestas qui a découvert une micro-algue ayant des propriétés fongicides, efficace entre autres contre le mildiou. Privilégier la richesse de la nature plutôt que les produits de synthèse. Tel est l’objectif poursuivi par l’entreprise dont j’ai défendu la candidature auprès de la Première Ministre dans le cadre de France 2030. En remettant l’insigne de chevalier dans l’ordre nationale du mérite à son dirigeant vous avez aussi été sensible, Madame la Ministre, à leur entreprise.

Agir pour la transition écologique, c’est soutenir les acteurs du territoire qui œuvre pour la mise en œuvre effective des lois votées. En ce sens, je salue l’initiative de la chambre d’agriculture de Gironde qui a récemment signé une charte sur l’agrivoltaïsme qui permet aux agriculteurs de s’engager dans la transition énergétique tout en garantissant la
pérennité des productions agricoles pour notre souveraineté alimentaire.

Enfin, en juillet, j’ai eu l’honneur d’être nommé porte-parole du groupe Démocrate sur le projet de loi Industrie Verte qui vise à faire de la France la championne de l’industrie décarbonée. Ayant été, jusqu’à récemment, chef d’une entreprise de maintenance d’équipements utilisés pour le tri et la valorisation des déchets, je suis extrêmement fier d’avoir pu porter et défendre des amendements sur cette loi, au nom du groupe Démocrate, qui contribue à construire l’économie de demain tout en tenant compte des enjeux de la transition écologique et énergétique.



Depuis 2017, près de 90 000 emplois industriels ont été recréés. La loi Industrie Verte contribuera j’en suis sûr à poursuivre la réindustrialisation de notre pays et concourir à l’objectif de plein emploi voulu par le Président de la République. Un objectif que je partage pleinement. A ce titre, je me félicite de l’adoption du projet de loi sur le Plein
Emploi. Je sais qu’il était très attendu par les acteurs économiques du territoire notamment Pôle Emploi devenu au 1er janvier France Travail avec qui j’avais eu l’occasion d’échanger.
Le projet de loi immigration qui a fait couler beaucoup d’encre apporte quant à lui des solutions aux entreprises rencontrant des difficultés de recrutement avec la régularisation dans les métiers en tension, sujet essentiel à mes yeux et qui a été maintenu et permettra aux travailleurs de demander sa régularisation sans l’accord de son employeur.
Assurer le plein emploi, ce n’est pas seulement recréer de l’emploi mais aussi protéger ceux existant en prenant des mesures fortes à l’image de la loi visant à interdire les dispositifs électroniques de vapotage à usage unique que j’ai défendu au nom du groupe Démocrate. Ces produits, majoritairement fabriqués en Chine, sont une menace pour
l’industrie française. Qui plus est, ils ne répondent pas aux exigences environnementales et sanitaires contrairement aux dispositifs rechargeables français à l’image des produits fabriqués par le groupe VDLV basé à Cestas.

La défense de nos entreprises c’est également la reconnaissance du Travail des chefs d’entreprise pour créer de l’emploi. 2024 verra, je l’espère, l’aboutissement de ma proposition de loi visant à élargir la remise des médailles du Travail à d’autres statuts que le statut de salarié : commerçants, artisans, micro-entrepreneurs… C’est une mesure
d’égalité à laquelle je tiens particulièrement et qui marquerait les 20 ans du statut d’auto-entrepreneur. Tout travail, quel que soit le statut, doit être reconnu à sa juste valeur et récompensé.

Parce que chacun d’entre nous, individuellement, nous avons le potentiel de faire avancer la société et notre pays. Notre République doit donner à chacun, dès l’enfance, les moyens de pouvoir se réaliser. Qu’en 2024, le déterminisme social demeure un frein à la réalisation de chaque citoyen me révolte. Je sais personnellement ce que je dois à l’école
de la République.

Une école de la République qui, malheureusement encore, a été attaquée par le terrorisme avec le lâche assassinat de Dominique Bernard. Suite à cette tragédie, je me suis rendu au Lycée Philadelphe de Gerde pour échanger avec les enseignants et participer, avec les élèves et la communauté éducative, à la minute de silence dans un moment émouvant et dont je me souviendrai longtemps. Jamais l’obscurantisme, terreau du terrorisme ne doit l’emporter sur les valeurs Républicaines que nous défendons et qu’enseignent, avec conviction, nos enseignants.

Je continuerai ce combat car l’école de la République doit être vecteur d’égalité et non d’inégalité. A ce titre, si j’avais un souhait à formuler, c’est de voir l’aboutissement d’une grande loi pour mettre en place un service public de l’aide aux devoirs afin de rétablir une certaine égalité des chances.

Pour conclure, je tenais à remercier tous les citoyens, acteurs associatifs, économiques qui, tout au long de l’année ont répondu présent lorsque je les ai sollicités dans le cadre de mes missions parlementaires. Je pense notamment à :

  • La commission d’enquête sur les uberfiles et mes échanges avec le Club des entreprises de Cestas-Canéjan
  • La commission d’enquête sur les défaillances des fédérations sportives et mes échanges avec le SAGC Omnisports et l’USSAP Omnisports.

Je veux aussi remercier et féliciter ceux qui m’ont sollicité pour faire avancer des sujets locaux mais dont la décision dépend en grande partie de l’Etat. Je pense à :
L’étude visant à réduire les nuisances sonores et le devenir de la piste sécante de l’aéroport. J’ai eu l’occasion de rencontrer le Président du Directoire de l’aéroport suite à l’interpellation de la Fédération des syndicats de quartiers de Pessac. Sur le devenir de la piste sécante, sans être alarmiste, la fermeture est loin d’être assurée. Bien au contraire, les derniers échanges avec les services de l’Etat laissent à penser qu’elle pourrait rester ouverte et ce malgré la position de l’aéroport en faveur de sa fermeture. C’est pourquoi, la mobilisation de tous sera déterminante. Comme j’ai eu l’occasion de le dire et de l’écrire au Président de la Fédération des Syndicats de Quartiers, je serai mobilisé à vos côtés pour défendre cette fermeture.

Au projet de réouverture de la halte ferroviaire de Pierroton que j’ai défendu auprès du Ministre des Transports. Plus qu’une demande, grâce à mes échanges avec les fédérations de syndicat de quartier, les entreprises et les habitants, j’ai pu proposer un projet intégrant un pôle multimodal avec des connexions vers les zones industrielles. Mais ce projet, sans l’implication des collectivités concernées ne pourra aboutir. Pourtant il est essentiel à l’attractivité de nos territoires. Sans ce projet, certaines entreprises vont rencontrer des difficultés à recruter empêchant ainsi leur développement ; sans ce projet, ce sont des dizaines de salariés qui sont contraints de recourir à la voiture alors qu’ils préféreraient pour des raisons économiques et écologiques, se rendre au travail en transports en commun. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire alors que la demande est là. Il en va de notre responsabilité d’élu ! Nous devons lever ces freins à l’emploi que sont les mobilités et le logement.

Sur ce sujet, l’élu local que je suis aussi continuera son combat pour convaincre de la nécessité de porter ce projet structurant pour notre territoire. Certains dans la salle le savent, être élu local relève souvent du sacerdoce. Manque de moyens financiers et matériels pour travailler les dossiers, temps limité pour étudier, comprendre les dossiers et faire des propositions…. Autant de raisons qui poussent de nombreux élus, à quitter leurs fonctions électives. Engagé depuis bientôt 10 ans, j’ai eu des moments de doute bien sûr, mais aussi la conviction que les sujets que je porte sont importants, et j’ai aussi mesuré l’attente de nos concitoyens. Tout ceci m’a amené à poursuivre mon engagement.

Grâce à vous, Mme la Ministre, j’ai eu l’honneur de poursuivre cet engagement à l’Assemblée Nationale et à travers ma proposition de loi visant à renforcer la démocratie locale et le fonctionnement du conseil municipal j’ai souhaité faciliter l’engagement démocratique local. Cette proposition de loi a été adoptée début janvier en commission des lois et les mesures votées seront intégrées dans la proposition de loi Trans partisane sur le statut de l’élu portée par mes collègues Violette Spillebout et Sébastien Jumel qui sera étudiée en mars dans l’hémicycle.

En attendant de suivre les débats sur les différentes dispositions que j’ai portées, mon engagement à vos côtés et à votre service se poursuit.
Je vous souhaite une très belle année 2024 et vous adresse, ainsi qu’à vos proches tous mes vœux de santé, de bonheur et de réussite dans vos projets.