Présentation du rapport d’information sur mon déplacement à l’ONU

26 janvier 2024

Chaque automne, une délégation de la commission des affaires étrangères se rend à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU). Cette année, j’en ai fait partie.
Lors de notre déplacement, nous avons pu rencontrer et échanger avec trois types d’interlocuteurs : des représentants permanents d’Etats auprès de l’ONU (France ; Brésil ; Egypte ; Inde ; Ukraine ; etc.), des responsables de l’ONU et des représentants d’ONG luttant pour le respect des droits de l’Homme. Ces échanges ont été l’occasion pour moi d’analyser les enjeux de l’Assemblée générale de l’ONU, dont l’action importante et nécessaire de la diplomatie française. Je souhaite revenir sur ces deux sujets pour les développer.


Les grands enjeux de cette AGNU reposaient sur les crises actuelles, dont la guerre en Ukraine, l’ambition climatique internationale dont le sommet sur les objectifs de développement durable et la préparation du sommet de l’avenir. Sur ce premier sujet, nous avons pu échanger avec le représentant permanent de l’Ukraine concernant les six résolutions adoptées par l’ONU visant à dénoncer l’agression russe dans ce pays, et la nécessité de l’aider dans ce combat. Encore trop de pays (Chine, Afrique du Sud, Kazakhstan, etc.) s’abstiennent de voter ces résolutions et de condamner la Fédération de Russie, mais quelques évolutions sont à noter : le Maroc et Madagascar ont condamné l’invasion après s’être abstenus.


Nos échanges avec certaines agences onusiennes et le secrétaire général adjoint aux opérations de la paix ont également été très intéressantes : l’ONU est engagée au travers de trois opérations de maintien de la paix au Proche-Orient, et essaye de porter secours aux civils notamment dans la bande de Gaza, au travers d’aide humanitaire directe.
Également, je souhaite évoquer la nécessite absolue de préserver l’ONU, organisation universelle indispensable pour la coopération internationale et le maintien de la paix, tout en la réformant. Grâce à ses agences de terrain (UNICEF ; UNRWA ; PNUD ; etc.), l’ONU agit pour préserver l’environnement, les droits des enfants et soutenir les pays qui rencontrent des difficultés de développement en raison de situations financières complexes. Comme je l’ai expliqué au préalable, le maintien de la paix et de la sécurité internationale est une grande préoccupation pour cette institution, qui joue un rôle essentiel en ce sens. Cependant, cette institution est confrontée à de nombreux blocages, notamment au sein du Conseil de sécurité. Les divisions y sont profondes et trois Etats permanents utilisent fréquemment leur droit de véto : la Russie au sujet des conflits syrien et ukrainien ; la Chine sur le Tibet et Taïwan ; les Etats-Unis sur les sujets concernant Israël. Il est donc extrêmement compliqué d’obtenir de nouveaux accords internationaux, notamment sur les droits humains. Une réforme de ce Conseil est donc au cœur des débats : ce sujet a été évoqué à presque tous nos entretiens lors de notre déplacement. De nombreux interlocuteurs rappellent la nécessité de représenter davantage les pays du Sud. Je rappelle ici que la France soutient ouvertement le principe d’un élargissement du Conseil de sécurité, dans les deux catégories d’États membres, permanents et non permanents. Elle promeut l’accession à un siège permanent pour chacun des membres du G4 et une présence plus importante des pays africains. En revanche, elle ne souhaite pas céder son siège permanent à l’Union européenne.

Pour terminer, je tiens à souligner la place toujours plus forte de la France, grâce à l’action forte de nos diplomates sur place. J’ai pu constater à quel point les équipes de la mission permanente de la France auprès des Nations Unies à New York ˗ 85 personnels issus de plusieurs ministères ˗ étaient mobilisées pour défendre les positions de la France, en particulier dans un contexte international où ces dernières peuvent être remises en cause. Au-delà de son siège au Conseil de sécurité, la France est souvent très active dans les différentes activités et programmes de l’ONU. Elle est aussi le 6ème contributeur budgétaire de l’organisation, le 1er contributeur au département des opérations de la paix et est la 2e nationalité la plus représentée au sein des institutions onusiennes. Egalement, la France bénéficie de son appartenance à l’Union européenne, qui participe à l’Assemblée générale de l’ONU avec un statut avancé d’observateur. J’ai pu auditionner des représentants de la délégation européenne aux Nations Unies qui ont notamment présenté le rôle joué par la délégation pour coordonner les positions des États membres de l’Union européenne avant les négociations onusiennes, afin que ces derniers parlent ensuite d’une seule voix.

Notre pays est reconnu et bénéficie d’une bonne image auprès de l’ensemble des interlocuteurs que j’ai pu rencontrer : elle est vue comme un pays ouvert au dialogue, qui défend ses valeurs et qui a une connaissance fine des relations internationales. L’action de nos diplomates a été saluée par des nombreuses agences, notamment dans la défense du multilatéralisme, la promotion des droits humains, les dossiers climatiques et aidant les autres pays à s’exprimer. Il est toutefois à noter que notre influence en Afrique est concurrencée, et que la Chine pousse pour renforcer sa présence au sein des Nations Unies.

Ce déplacement a donc été l’occasion pour moi de féliciter tous nos diplomates, équipes et personnels sur place pour leur action, leur dévouement et la qualité du travail qu’ils fournissent quotidiennement. Nous avons une réelle chance de les avoir à nos côtés.

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